L’essentiel à retenir : il n’existe pas de bonne réponse universelle entre externaliser son community management et recruter en interne. Le choix se joue sur trois variables : le volume que votre présence sociale exige, la connaissance métier que vos contenus supposent, et votre capacité à encadrer le poste. Comparer le prix d’une prestation d’agence à un salaire brut fausse la décision dès le départ.
La plupart des entreprises lyonnaises tranchent la question du community management sur un critère unique : le budget mensuel apparent. Cette comparaison est trompeuse : elle oppose une prestation tout compris à une rémunération brute, et oublie tous les coûts qui accompagnent un poste interne. Voici les deux voies comparées sur les critères qui pèsent dans la décision ; selon votre situation, les deux sont défendables.
Que couvre le community management aujourd’hui ?
Le community management ne se résume plus à publier trois fois par semaine sur une page d’entreprise. Il réunit des compétences distinctes que l’on demande souvent à une seule personne de porter, et c’est là que l’arbitrage se joue.
Un métier composé de sept blocs distincts
Derrière l’intitulé unique de community manager se cachent des compétences que le marché rémunère séparément :
- Stratégie éditoriale : à qui s’adresser, sur quel réseau, avec quel objectif commercial.
- Rédaction adaptée à chaque réseau : un post professionnel et un script vidéo n’ont rien en commun.
- Production visuelle : graphisme, charte, déclinaison des formats.
- Vidéo courte : tournage, montage, sous-titrage, formats verticaux.
- Modération et relation : commentaires, messages privés, avis négatifs.
- Publicité sociale : audience, budget, lecture des résultats.
- Analyse : distinguer les indicateurs qui flattent de ceux qui traduisent une progression.
Peu de profils maîtrisent ces sept blocs à un bon niveau. La plupart en couvrent trois ou quatre et se débrouillent sur le reste, car il s’agit de métiers différents.
Pourquoi cette liste change la nature du choix
Recruter un profil unique revient à choisir, sans le dire, quels blocs seront bien traités et lesquels resteront approximatifs. Une agence les répartit entre plusieurs personnes, et vend une fraction du temps de chacune. L’arbitrage oppose donc une personne disponible en permanence mais inégale à une couverture large mais fractionnée.
Recruter un community manager en interne : ce que cela implique
Les forces du poste interne
Le recrutement interne apporte un avantage qu’un prestataire reproduit difficilement : la personne vit dans l’entreprise et la connaissance métier s’accumule au fil des semaines. Un community manager qui passe plusieurs mois dans une entreprise industrielle lyonnaise finit par comprendre le vocabulaire des clients, les objections récurrentes et les arguments qui font signer.
La réactivité est immédiate : en cas d’imprévu ou de réaction à chaud, la personne est sur place et publie. Une réponse donnée dans l’heure améliore aussi la perception de votre marque.
Les coûts et le risque que le salaire ne montre pas
Un poste interne coûte toujours plus que son salaire. Il faut lui ajouter plusieurs lignes à chiffrer avant de décider :
- Les charges, la mutuelle, les congés payés et les absences.
- Le poste de travail, éventuellement un appareil photo ou un micro.
- Les abonnements : planification, création graphique, montage, images.
- Le recrutement : annonce, entretiens, éventuellement un cabinet.
- L’encadrement : valider et arbitrer prend du temps, et ce temps a une valeur.
- La montée en compétence avant que la production soit à niveau.
Ces lignes rendent la comparaison juste ; elles ne disqualifient pas le recrutement. Le second risque est le départ : sans documentation, la ligne éditoriale, les accès et le calendrier partent avec la personne. Pour l’éviter, prévoyez dès le premier jour une charte écrite, des accès au nom de l’entreprise et un calendrier partagé.
Externaliser à une agence social media : ce que cela implique
Externaliser à une agence social media revient à acheter une couverture de compétences plutôt qu’un temps de présence : plusieurs spécialistes sur une fraction de leur temps.
Ce que l’externalisation apporte, et ses limites
La mise en route est plus rapide, car les outils et les méthodes existent déjà. La couverture est plus large : le graphiste n’est ni le rédacteur ni la personne qui pilote les campagnes payantes. Une agence qui travaille aussi le volet stratégique et le référencement voit les interactions entre les canaux. Enfin, mettre fin à une prestation est plus simple que rompre un contrat de travail.
L’externalisation a aussi ses limites. Une agence connaîtra moins bien votre métier que quelqu’un qui le pratique : sur des sujets techniques ou réglementés, il existe un plafond que seul un apport régulier d’informations de votre part fait reculer. Si personne ne l’alimente, le contenu restera générique, et la responsabilité vous en reviendra.
Une opportunité qui se joue dans l’heure passe aussi rarement par un circuit externe. Et le même gabarit appliqué à tous les clients produit du contenu interchangeable : demandez à voir des publications déjà réalisées avant de signer.
La ligne qui tranche le plus souvent
Le critère qui tranche le plus souvent est la connaissance métier, avant le coût et les compétences. Si la valeur de votre contenu tient à une expertise que seules vos équipes détiennent, l’internalisation ou un modèle mixte s’imposent. Si elle tient surtout à la qualité d’exécution et à la capacité à convertir, l’externalisation offre le meilleur rapport entre résultat et énergie dépensée.
Comment décider dans votre entreprise ?
La bonne question porte sur vos besoins : de quoi votre entreprise a-t-elle besoin sur les réseaux sociaux ?
Les cas où chaque option se défend
Le recrutement interne s’impose quand votre contenu est indissociable de votre métier : cabinet spécialisé, industriel technique, secteur réglementé. Il se justifie aussi quand le volume est élevé et permanent, quand le terrain est votre matière première (restauration, retail, événementiel) et quand quelqu’un peut encadrer le poste.
L’externalisation prend l’avantage dans les configurations inverses :
- Plusieurs compétences plutôt qu’une présence : stratégie, design, vidéo et publicité ne tiennent pas dans un poste unique.
- Un volume régulier mais modéré : quelques publications soignées par semaine valent mieux qu’un temps plein sous-occupé.
- Personne ne sait évaluer ce profil : recruter sur un métier que personne ne maîtrise en interne mène souvent au mauvais candidat.
- Une acquisition plus large : couvrir aussi le référencement évite les silos.
- Pouvoir revenir en arrière : tester est plus simple en prestation qu’en recrutement.
Le modèle mixte, souvent le plus réaliste
Beaucoup d’entreprises lyonnaises combinent les deux, par choix d’organisation. La répartition la plus fréquente confie à l’agence le cadrage stratégique, les formats exigeants et les campagnes payantes.
En face, un profil interne, parfois à temps partiel, apporte la matière métier et assure la modération. Ce modèle tient à une condition : un partage des rôles écrit, qui indique qui décide, qui valide, qui publie et dans quel délai.
Dernière erreur à éviter : figer le choix. Le bon montage pour une entreprise de trente salariés diffère de celui qui convient à cent. Si votre situation appelle un recrutement, mieux vaut l’entendre dès le départ : c’est le sens de l’échange préalable.
FAQ
Faut-il externaliser le community management ou recruter en interne ?
Cela dépend du volume nécessaire, de la connaissance métier qu’exige le contenu et de votre capacité à encadrer le poste. Un besoin métier fort avec du volume justifie un recrutement ; des compétences variées sur un volume modéré s’externalisent.
Quelles compétences un community manager doit-il couvrir ?
Sept blocs distincts : stratégie éditoriale, rédaction, production visuelle, montage vidéo court, modération, pilotage des campagnes sponsorisées et lecture des statistiques. Peu de profils maîtrisent l’ensemble, ce qui constitue l’arbitrage central.
Quel est le coût complet d’un community manager interne ?
Il faut compter, au-delà de la rémunération, les charges, le poste de travail, les licences, l’encadrement, le recrutement et la montée en compétence. Chiffrer ces lignes est la seule façon de comparer honnêtement.
Peut-on combiner une agence et un profil interne ?
Oui, et c’est fréquent. L’agence cadre la stratégie et pilote les campagnes payantes, le profil interne apporte la matière métier et assure la modération. Le partage des rôles doit être écrit.
Par Karim Bouguerra


